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#Energie

Medgrid, l’autoroute électrique de la Méditerranée

Medgrid, l’autoroute électrique de la Méditerranée

En 2010, le projet Medgrid voit le jour. Il s’agit d’un consortium de 21 groupes industriels, dont EDF et RTE, créé pour favoriser le développement des interconnexions électriques entre le nord, le sud et l’est de la Méditerranée. Le dispositif a été mis en place dans le cadre du plan solaire méditerranéen qui vise à favoriser des exportations d’énergies renouvelables vers l’Europe. Mais l’Occident a-t-il besoin de l’énergie du Sud ?

Un deal Nord-Sud

Certains pays situés au sud de la Méditerranée bénéficient de deux denrées rares à l’heure du tout écologique : le vent et le soleil. Cette mine verte n’a pas échappé aux pays européens soucieux de tenir leurs engagements auprès de Bruxelles : atteindre 20 % d’énergies renouvelables dans leur consommation globale d’ici à 2020. C’est dans ce contexte que l’idée de Medgrid a émergé : un échange tactique entre l’Europe et les pays d’Afrique du Nord. D’un côté, des pays riches capables de financer des projets et infrastructures d’envergure en vue d’importer des énergies à un moindre coût ; de l’autre, des pays riches en ressources durables, sujets à des dysfonctionnements d’installations et des pannes récurrentes favorisant des inégalités d’accès à l’énergie entre leurs habitants. Avec un tel dispositif, la consommation d’électricité augmenterait dans ces pays de 6 % par an d’ici à 2025, selon l’Observatoire méditerranéen de l’énergie.

Des autoroutes sous-marines

Pour permettre l’importation des énergies vertes du sud au nord de la Méditerranée, des « autoroutes électriques » sous-marines doivent être installées. Si ce projet attire des deux côtés de la Méditerranée, la question du financement reste un obstacle de taille. Car sans un gros investissement de la part des pays du Maghreb dans des installations de production d’électricité solaire et éolienne, rien ne pourra émerger. Or, la plupart des chantiers devaient être lancés avant les révoltes qui ont soufflé sur ces pays. Depuis, le contexte politique a changé, laissant place à la méfiance. Certains voient dans le projet Medgrid un retour masqué du colonialisme. Au contexte géopolitique s’ajoute une évidence énergétique : l’Europe n’a pas besoin de l’électricité du Sud. Un constat signé Virginie Grand, responsable pour l’Europe du financement de projets chez HSBC, dans un article de « La Tribune »du 25 juillet 2013. Selon elle, il n’y a pas de projet viable car il n’y a pas de demande réelle : « L’Europe n’est pas menacée dans ses approvisionnements énergétiques », assène-t-elle alors. Néanmoins, si Medgrid voit le jour, cela permettrait probablement aux pays européens de réaliser de grandes économies, car les conditions climatiques qu’offre l’Afrique du Nord entraînent des prix imbattables. L’éolien revient à 50 euros par MWh contre 80 à 90 euros pour l’éolien terrestre en Europe et 200 euros pour l’éolien offshore en mer du Nord. À condition de trouver la bonne équation économique, notamment liée à la déperdition de l’électricité lors de son transport.

Les vents du Maghreb n’ont pas encore fini de porter la démocratie, mais ils pourraient bien lancer une révolution verte. Et un rapprochement entre les peuples.

 

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