Donnons l'impulsion au progrès

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Le progrès, par définition, c’est avancer, aller de l’avant. Mais demain sera-t-il synonyme de meilleur ? Pour éclairer l’avenir, EDF Pulse vous invite à un passionnant tour d’horizon du progrès sous toutes ses formes. Bon voyage dans le monde de demain !

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15ans © Crédit photo : EDF - ©PETIT JEAN LUC

Au colloque EDF Pulse : « Dans quinze ans, ce sera extraordinaire »

Le 30 avril 2014 fut le point d’orgue de la première saison d’EDF Pulse à plus d’un titre : en parallèle de la remise des prix EDF Pulse à six projets innovants, s’est tenu un colloque pour interroger la notion de progrès et le rôle de l’innovation dans nos sociétés. Une manière de parler du futur : futurs possibles et futurs souhaitables, pour reprendre les termes d’Henri Gibier, des « Échos », qui animait les débats.

Innovation et progrès, pas toujours synonymes


La première table ronde pose sans ambages la question du rôle de l’innovation dans la société – un rôle éthique, philosophique, politique, quasi moral. L’innovation est-elle encore au service du progrès ? Pour y répondre, Nicolas Bouzou, économiste, le professeur Christian Latrémouille, chirurgien cardiaque qui a réalisé la première transplantation d’un cœur artificiel, Bernard Salha, directeur de la R&D chez EDF, et Pascal Picq, paléoanthropologue. La conversation s’engage sur l’acceptation de la technologie par les sociétés et la phase non pas de crise destructive, mais de transition accélérée que nous vivons actuellement.

Pascal Picq résume l’enjeu : « Si l’innovation participe du bien-être de la société, on appelle cela le progrès. Or, ce qui a fait mon succès hier ne le fera pas nécessairement demain. L’évolution n’est pas un long fleuve tranquille ni un champ de catastrophes constant ; c’est une alternance de périodes. Nous sommes dans une phase de destruction créatrice. » 


Nicolas Bouzou détaille ce concept cher à Schumpeter qui écrivait que « le nouveau ne naît pas de l’ancien mais naît à côté de l’ancien et lui fait concurrence jusqu’à le ruiner ». Il rappelle que les populations ont toujours mal vécu l’ouverture de grands cycles d’innovation, durant la Renaissance, la Belle Époque ou les Trente Glorieuses, car leur ancien monde se voyait alors remplacé. « Il faut accepter cette douloureuse phase de transition, car dans quinze ans ce sera extraordinaire, prédit-il. Le défi, c’est d’être encore là dans quinze ans. »


                         


Bernard Latrémouille, fort de son expérience de pionnier du cœur artificiel, déclare que, quand on innove, on ne fait que mimer la nature. « C’est le bon sens qui fait avancer. La nature abandonne les modes de production énergétique trop coûteux, et nous faisons de même. » Pas toujours facile à accepter pour les contemporains, mais indispensable pour continuer à aller de l’avant. 

Le progrès, c’est quand l’innovation et les besoins des sociétés marchent main dans la main.

Accessibilité des ressources
Bernard Salha, quant à lui, recentre le débat sur la question énergétique en rappelant que le principal enjeu n’est pas tant la disponibilité des ressources que leur propreté et leur accessibilité. « L’électricité est une commodité, un bien essentiel à la croissance et à la vie, elle doit être accessible à tous. » Ce qui nourrit par ailleurs la mission d’EDF, en tant qu’entreprise qui fournit un service public : « Il nous faut apporter la dimension de “mieux-vivre” dans notre paysage énergétique, et cela se fait grâce au dialogue avec les parties prenantes. Notre activité doit accompagner les valeurs de la société. »

Le progrès, c’est quand l’innovation et les besoins des sociétés marchent main dans la main. Nicolas Bouzou y revient : « La technologie est neutre éthiquement, mais le choix de ce qu’on en fait est un choix éthique. Notre défi : réconcilier les différentes formes de progrès : économique, social et moral. » En conclusion, Henri Proglio, PDG d’EDF, réaffirme l’obligation de continuer à inventer. « L’innovation est indispensable. Certes, elle crée des déséquilibres. Mais, sans déséquilibre, il n’y a pas de mouvement. Il faut du courage, cela fait aussi partie de l’innovation. »





L’éducation et la cocréation, meilleurs leviers d’innovation

Moins philosophique et plus pratique, la seconde table ronde de ce colloque EDF Pulse se demande quels leviers activer pour soutenir l’innovation en France. Elle rassemble Laurent Batsch, directeur de l’université Paris-Dauphine, Bruno Bonnell, PDG de Robolution Capital, Philippe Ringenbach, directeur capital-risque d’EDF, et Philippe Lukacs, professeur à l’École centrale en management de l’innovation. C’est pourtant encore la notion d’acceptation du risque, de l’innovation et de l’entrepreneuriat qui dirige les débats.

Philippe Lukacs rappelle d’abord que le corps social ne peut pas évoluer à la même vitesse que les avancées technologiques. Tout l’enjeu est alors d’intégrer le risque rendu inévitable par l’accélération de l’innovation : « L’offre potentielle précède désormais la demande, c’est l’innovation qui est au centre de la problématique. On parle d’offre créatrice. Cela change la problématique de risque : comme on crée la demande, l’enjeu est d’avancer malgré un irréductible risque. » Il est donc crucial, selon lui, de développer des stratégies d’alliance entre les acteurs pour innover plus vite et partager le risque.

Un point approuvé par Philippe Ringenbach, qui voit une grande fertilité dans la rencontre entre EDF et les start-up. « Je crois fermement que les grands groupes ont un intérêt à pousser l’innovation et à se situer dans cet écosystème. Ces start-up ont besoin d’un accélérateur, et un grand groupe comme EDF peut l’être. L’innovation est vitale pour nous aussi, il y a là des idées intéressantes à capter et à comprendre. »

Bruno Bonnell prédit un changement de paradigme total quand les « digital natives », nés après 1994, seront aux commandes.


Une question générationnelle

Laurent Batsch, lui, insiste sur l’importance de l’éducation pour libérer le potentiel d’innovation dans les lieux de formation : « Les handicaps ne sont pas dans la qualité intrinsèque des équipes de recherche, mais dans des freins culturels et structurels. » La thématique de la diversité est aussi longuement abordée pour la richesse qu’elle apporte dans le monde de l’innovation. Henri Proglio intervient : « Le système de reproduction est certes plus efficace, mais moins créatif et moins innovant. »
Et Bruno Bonnell prédit un changement de paradigme total quand les « digital natives », nés après 1994, seront aux commandes. Ils permettront d’accélérer « l’acceptation de la mutation », mais également de quitter définitivement l’idéologie de court terme qui a guidé le XXe siècle. « Nous sommes forcés d’allonger nos perspectives. La responsabilité des grands groupes est cruciale sur ce point : les entreprises sont des corps sociaux qui peuvent abriter beaucoup de choses, qui peuvent remettre en cause la politique. Ce ne sont pas seulement des acteurs économiques. » Et de conclure sur une note encourageante, lorsqu’on lui demande si les États-Unis sont un passage obligé pour les jeunes entrepreneurs français : « La France est un des meilleurs pays au monde pour entreprendre. »

De quoi encourager les jeunes entrepreneurs de France et d’ailleurs, qui cherchent à faire coïncider innovation et progrès dans leurs projets et que nous découvrirons peut-être en saison 2 !



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