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Le progrès, par définition, c’est avancer, aller de l’avant. Mais demain sera-t-il synonyme de meilleur ? Pour éclairer l’avenir, EDF Pulse vous invite à un passionnant tour d’horizon du progrès sous toutes ses formes. Bon voyage dans le monde de demain !

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Rosa, robot chirurgien © Crédit photo : DR

Les robots, chirurgiens de demain ?

Apparus récemment, les « robots chirurgiens » ont fait leur entrée dans les blocs opératoires. Quel avenir faut-il leur prévoir ? Ils se généraliseront, affirme Bertin Nahum, président de Medtech, qui commercialise Rosa, un dispositif spécialisé dans les opérations du système nerveux. Mais ce ne seront jamais des chirurgiens…


L'expert : Bertin Nahum. Ingénieur de l'Institut national des sciences appliquées de Lyon, spécialisé en robotique (université de Coventry, Royaume-Uni) puis en robotique chirurgicale. Il est le fondateur et président de l’entreprise Medtech..

Les robots sont-ils de bons chirurgiens ?

Bertin Nahum : Ce ne sont pas des chirurgiens ! Ce sont des assistants. Ils sont là pour aider le praticien. L’arthroscopie en est un bon exemple. La robotique fournit une imagerie opératoire efficace et augmente la dextérité, ce qui est particulièrement utile dans les cas où le chirurgien travaille sans visibilité directe et sur des zones très petites. D’une manière générale, l’outil robotisé permet la chirurgie « mini-invasive ». L’intérêt d’incisions plus petites est multiple, pour la réduction des risques d’infections, des pertes sanguines, de la douleur et du temps de récupération, sans oublier l’esthétique.

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Le bras robotisé de Rosa, outil d’assistance pour les neurochirurgiens, conçu pour les interventions dans le cerveau ou dans la moelle épinière (le système nerveux central). © Medtech

Cette robotisation de l’acte chirurgical est-elle une tendance lourde ?

Ce genre de technologie va jouer un rôle majeur dans les années à venir, c’est certain. Plusieurs facteurs y contribuent. Dans les pays riches, le vieillissement de la population induit un nombre grandissant de patients, lesquels deviennent plus exigeants : la demande d’incisions de petite taille et d’actes chirurgicaux sécurisés est plus forte. Les praticiens sont par ailleurs de plus en plus preneurs de technologies robotiques facilitant et sécurisant leur geste.

Comment fonctionne un assistant robot chirurgien ?
Quelques types seulement de robots chirurgicaux existent aujourd’hui. Ils comportent un bras ou plusieurs bras articulés piloté(s) par le chirurgien, avec une ou plusieurs caméras et des outils de chirurgie. Dans le cas de Rosa, c’est le praticien lui-même qui tient le bras, avec un retour d’effort (effet haptique) lui permettant de réaliser le geste opératoire d’une manière classique. Le système a préalablement enregistré la morphologie du patient, interne (scanner ou IRM) et externe (avec une analyse 3D à laser du crâne). Le bras sert alors de GPS, en quelque sorte, pour guider le geste du chirurgien, qui a auparavant planifié l’intervention (l’itinéraire). Dans le cas de l’épilepsie par exemple, il est possible de positionner très précisément des électrodes.

Les progrès semblent en revanche plutôt lents. Pourquoi ?

Les progrès sont quotidiens ! Mais il est vrai que le secteur est complexe. La barrière à l’entrée est très haute. Il faut obtenir une certification pour un outil utilisé au bloc opératoire. Et il faut maîtriser deux métiers : celui l’ingénierie robotique et celui de la chirurgie. En informatique, il existe une constellation de petites sociétés qui veulent grandir, à l’image de Facebook. En robotique médicale, il y en a très peu...

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Le robot Da Vinci, de l’entreprise américaine Intuitive Surgical. Il comprend plusieurs bras (3 ou 4) et le chirurgien le commande depuis un poste de contrôle séparé. Il est très utilisé, notamment, pour les opérations de la prostate. © Nimur / CC BY-SA 3.0

Quelles évolutions peut-on imaginer pour l’avenir ? Les opérations à distance par exemple ?

Pourquoi pas la téléassistance en effet. Techniquement, c’est possible. Mais il y a des freins juridiques, liés à la question de la responsabilité. Rappelez-vous les fantasmes autour de l’intelligence artificielle dans les années 1980 et 1990. On imaginait alors des choses folles, en s’extasiant devant un ordinateur qui jouait aux échecs et que l’on considérait comme intelligent. Tout cela ne s’est pas réalisé de cette manière. Pourtant, cette intelligence est bien là aujourd’hui, répartie autour de nous, dans les voitures ou les objets du quotidien. Cette technologie rend maintenant des services, elle est simple et elle est partout. Il en est de même pour les robots chirurgicaux. L’évolution des logiciels et de la robotique rendra ces outils omniprésents, très bien acceptés et très utiles !


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